Le cinéma de l’indépendance
Article ajouté le 29/02/2008 à 11:24:56
Le cinéma tunisien pose son regard sur la société née de l’indépendance, ose une vision critique de réalités comme l’émigration ou les conduites du pouvoir. Les années quatre-vingts sont celles de Nouri Bouzid. L’homme de cendres (1987), les sabots en or (1989), puis Bezness en 1992 abordent ouvertement des sujets comme l’homosexualité et la torture, ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes avec la censure et les intégristes. En parallèle, après Cinéma d’Afrique en 1983, Caméra arabe en 1987, Férid Boughedir rencontre le succès international avec le bel Halfaouine, l’enfant des terrasses, en 1990. Chronique malicieuse d’une adolescence, le film prend appui sur les émois d’un garçon en quête de sa sensualité pour dénoncer le phallocratisme ambiant, la condition faite aux dissidents. Humour et poésie au rendez-vous.
En 1998, Demain je brûle de Mohamed ben Smaïl est un peu le pendant tunisien du Beyrouth fantôme libanais de Salhab. Un film sur la non existence, l’écartèlement du corps de l’émigré qui revient au pays et se rend compte qu’il est un étranger des deux côtés de la mer. La mer qui reste la source et le lien.
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